Profil de l'Entrepreneur (Valéry NUMA)

Valéry Numa est né le 4 juillet 1974 à Camp-Perrin, commune de l'arrondissement des Cayes dans le sud du pays. Après ses études secondaires au Nouveau Collège Bird à Port-au-Prince, il a étudié la communication sociale à la Faculté des Sciences Humaines de l'Université d'Etat d'Haïti, niveau licence (1994-1998). Valéry Numa a suivi des cours sur le journalisme d'investigation (USA), le journalisme parlementaire (Haïti), la déontologie de la presse (Burkina Faso), l'interview (France) etc. A l'initiative de l'Ambassade de France en Haïti, Valéry Numa a participé en 2003 à un stage d'observation à France 2 et à RFI. Il est actuellement Rédacteur en chef de Radio Vision 2000. Par ailleurs, il est le représentant de l'Union Internationale de la Presse Francophone pour Haïti. Il a collaboré avec le journal L'Humanité en France et Reporter Sans Frontières. Il a été engagé au consortium PNUD-FENU-GTZ à titre de consultant en communication pour l'élaboration de script-audio dans le cadre d'une série d'émissions sur les collectivités territoriales.

Depuis 2000, il dirige l'EXCEL Institut de Communication et de Journalisme. Actuellement, il fait office de pigiste pour le compte de Radio Canada. Valéry Numa a déjà publié « Ces paroles qui restent… », un recueil d'interviews paru en 2003. Touchant au 7ème art, il a réalisé en 2003 un film-documentaire sur la presse titré « La Presse face à son destin » et en 2005 « VOCATION », une fiction traitant du métier de journaliste. Ce film a été primé au 2ème Festival International du Film Haïtien de Montréal tenu en septembre 2006 à l'initiative de la Fondation Fabienne Colas. Parallèlement à l'exercice du métier de journaliste, Valéry Numa dirige Index Production une compagnie de production audiovisuelle et Le Recul Hôtel une entreprise de promotion touristique située à Camp-Perrin.

Par ailleurs, il a fait office d'Ambassadeur sur le don de sang volontaire pour le compte de PSI-Haïti et la Croix-Rouge haïtienne. A ce titre, Valéry NUMA s'implique à fond dans la campagne visant à collecter des pochettes de sang à travers des établissements scolaires et autres institutions du pays en vue d'aider à sauver des vies. C'est dans ce même ordre d'idées qu'il a fondé le Groupe Vocation, un groupe à but non lucratif et à caractère humanitaire appelé à venir en aide à des personnes en situation difficile. Par ailleurs, Valéry NUMA a offert ses services à titre de consultant à l'institution Internews dans le cadre d'un programme de formation à l'intention de journalistes de divers médias du pays. Poussé par le succès, Valéry Numa tient à Pétion-Ville Break Time Restaurant l'un des espaces les plus fréquentés de la place depuis 2008.

Les débuts, le lancement...

C'est l'été. C'est le temps des vacances qui débutent dans une atmosphère politique indécise à Port-au-Prince : un premier ministre éjecté qui gère les affaires courantes, et depuis plus de trois mois, deux premiers ministres désignés rejetés, alors là… la jouissance des vacances dans la capitale politique de notre pays n'est pas du tout sans trouble. C'est bon pour le moral du port-au-princien de s'éloigner un p'tit peu le week-end, et contempler les verdures du Sud à partir des petits avions qui mettent 45 minutes pour atterrir à l'aérogare des Cayes. Cela fait du bien de respirer l'air frais des côtes du Sud en franchissant la route nationale numéro trois de moins en moins rocailleuse, passant par Fonds-des-Nègres et ses buées naturelles, Saint-Louis du Sud et ses plages attrayantes. A Cavaillon- la porte des Cayes-le voyageur succombe facilement á l'entregent des vendeuses au sourire rayonnant. C'est une forme spontanée de service à la clientèle tissé de magie d'attraction, de sagesse et de gentillesse. Il faut beaucoup résister pour ne pas acheter. A moins de 30 minutes de course de l'entrée des Cayes, on aboutit à Camp-Perrin-, commune de 50 000 habitants au cœur du Sud.

C'est à Mersan, une commune non loin de Lévy que se situe l'hôtel « Le Recul » dont le propriétaire est Valéry NUMA. Originaire de Camp-Perrin, ce jeune journaliste de 34 ans de Radio Vision 2000 qui fait rouler la langue des politiciens de notre pays dans sa très populaire rubrique matinale « Invité du Jour » dont on ne rate pas l'épilogue grâce á un slogan devenu fameux : « Une autre Haïti est possible ». Si les belles paroles n'écorchent pas la langue cette « autre Haïti », dans l'esprit de Valéry, apparait à travers la beauté architecturale de « Le Recul » malgré les maigres ressources disponibles dans un pays où l'Etat ne soutient pas vraiment les jeunes entrepreneurs de la classe moyenne. Se lancer dans l'hôtellerie tient de l'audace ! « L'audace… sans elle, on n'obtient rien » (Henry De Montherlant). L'audace qui a porte notre jeune entrepreneur á frapper aux portes des banques a été payante. Chapeau ! En première loge, le mot qui tombe des lèvres des rares invités d'honneur du week-end 17-20 juillet 2008 : « Bravo Valéry ! »

A défaut d'un voyage virtuel sur le site Internet de l'hôtel (http://www.lereculhotel.com), je vous propose un p'tit tour imaginaire. L'enseigne est un heureux mélange : l'écriteau « Le Recul » se détache en lettres d'or sur un fond noir. En pénétrant la cour, le parking et le parterre sont jonchés tout autour d'ampoules pour enrober le charme de l'aube á son lever. C'est un rondpoint construit de pierres locales de ton rouge et gris. D'un regard circulaire, les arbres qui distillent la fraicheur quand le soleil surplombe la cour forment un cadre reposant et agréable. Heureusement, ils n'ont pas été émondés. Au besoin, on est tenté de piquer un arbre véritable qui s'expose, un calebassier , des arbres fruitiers variés, un autre dont on nomme le « palmier », un arbre mince « kapab » qui fixe le ciel dont les feuilles servent aux douches thérapeutiques, les bois pour le petit voilier et les bâtiments maritimes…Cocotier, palmiste, manguier, calebassier, le menu végétal est généreux. L'hôtel, dans son environnement fait oublier Port-au-Prince et sa politique. Poursuivons notre tour imaginaire.

La façade frappe par son look qui rappelle un style colonial. A gauche de la face principale, une barrière blanche commande l'accès de la piste de danse dénommée « Découverte ». Heureuse appellation pour signifier un espace de performance des jeunes durant le week-end et (justement) l'éclosion artistique de nouveaux talents á camp-perrin ! Sur la cour on peut noter, une piscine en construction, et à l'arrière les huit (8) chambres, convenablement climatisées, munies de câble et chaines de TV internationales, pour rester en contact avec le reste du monde. Les chambres répondent aux normes modernes d'hôtellerie, et seront bientôt dotés de dispositifs d'accès à Internet Wireless (Wi-fi). Une salle d'attente, au rez-de-chaussée, expose une gallérie de photos d' hommes et femmes célèbres : Muhamed Gandhi, l'apôtre de la non-violence ; Martin Luther King, Jr. le leader noir américain dont les luttes ont produit 40 ans après le phénomène « Barack Obama » ; Bill Gates, le multimilliardaire qui a révolutionné le monde informatique malgré l'interruption de ses études universitaires à l'Université de Harvard ; Demmy Moore, ce monument de charme au cinéma; Gessica Généus dans une posture murale tirée du magazine PanoraMag qui la révèle dans toute la force de sa beauté . A l'étage de l'immeuble principal, la salle des VIP surprend par son modernisme technologique inhabituel dans les pays du Sud. Le charme de cette salle tient aux tableaux dus au pinceau inspiré d'un jeune camp-perrinois qui a a fait le portrait de notre BelO muni de sa guitare quand il décrocha le premier prix au concours RFI à Cotonou.

L'hôtel, dans son environnement fait oublier Port-au-Prince et sa politique. Une politique qui peut se révéler mortifère quand on sait que les affaires courantes se gèrent dans une absence de vision claire des 50 prochaines années. Le week-end du 17 au 20 juillet a permis aux invités présents de mettre la politique entre parenthèse pour jouir pleinement de la tranquillité d'un cadre reposant.… Parmi les invités, on entendra de la bouche de l'un d'entre eux : « Je me sens bien quand je ne suis pas au sein des affres de la politique port-au-princienne. »

En passant, un ancien ministre me colle sur un ton badin une amende de 10 Gourdes pour lui avoir donné du « Monsieur le Ministre ». Notre homme préfère être appelé par son prénom car la politique est une carrière au destin changeant. Ce serviteur de l'état hier, arpente aujourd'hui l'espace du Camp des Perrin qui lui a offert ce raisonnable recul.

Dans les parages de l'hôtel et dans les communes avoisinantes, les vacanciers peuvent se rendre en excursion. Le Saut-Mathurine qui jette une chute d'eau capable d'électrifier Camp-Perrin et ses environs, même si la vitesse du débit est inconnue mais le bruit qui sort est une musique qui ne dérange jamais. Grace à ce saut d'eau, « Le Recul » ne subit pas la crise énergétique nationale. Toujours à Camp-Perrin, le touriste tant national, binational (diaspora), et international peut s'emplir les yeux de la beauté des sites suivants : les grottes Kounoubois de huit portes dans la commune de Levy, le Canal d'Avezac à Mersan, l'Etang La Chaux à Mersan, le Camp-Gérard, La Prise, Yaya Lorin…Encore quelques efforts de l'Institut de Sauvegarde du Patrimoine National (ISPAN), et les richesse naturelles de la région pourraient offrir aux touristes un spectacle d'une luxuriance époustouflante.

Fin du tour imaginaire. Le tour virtuel sera pour bientôt sur le site web de l'hôtel. Le surfeur pénétrera l'enceinte de l'immeuble via les galléries-photos, images audio-visuelles, multimédia. Dans une longue intervention en présence d'une foultitude de curieux qui ont rempli à craquer l'espace lors des festivités de l'inauguration, Valery NUMA a épilogué comme suit : « J'ai choisi d'ériger cet hôtel à Camp-Perrin quand je pouvais le placer à Port-au-Prince. Je choisis de vivre en Haïti alors que j'ai la résidence américaine. C'est votre hôtel et c'est à vous de le protéger. »

Jean-Junior JOSEPH

les projets...

Dans le but de satisfaire notre clientèle, nous comptons aménager un mini centre informatique au niveau du premier bâtiment. Equipé d'une dizaine d'ordinateurs branchés internet, ce centre permet à tout visiteur de rester en contact avec les siens grâce aux nouvelles technologies de l'information et de la communication. Par ailleurs, dans un souci de développement local, nous avons jugé bon de contribuer à la formation et au perfectionnement d'un certain nombre de jeunes de Camp-Perrin dans le domaine des NTIC. Ainsi, nous avons décidé de primer chaque année les 10 meilleurs élèves des classes terminales de chaque collège de la commune de Camp-Perrin en leur octroyant une bourse d'étude complète en informatique et webmastering. Dans le cadre de ce programme, les plus aptes recevront une formation de formateur en vue d'assurer la pérennité de ce projet. La démarche consiste à former une trentaine de techniciens sur une base annuelle et qui pourront être recrutés dans des projets de développement au bénéfice de la communauté.

Renforcement des infrastructures touristiques de Camp-Perrin
Contexte
(Pistes) Constitution haïtienne, loi du 4 avril 1996, le livre blanc de la transition

Justification
(Stimulation du secteur touristique, création d'emplois, déplacement massif de gens lors de la patronale, passage obligé pour le développement socio économique de la commune, du boulot aux artisans,

Etat des lieux
(Pistes) Infrastructures disponibles : Camp Gérard, Grotte Kounoubois, Canal d'Avezac, Saut-Mathurine, Les Hôtels, les restaurants, les Night Club, l'église Ste Anne, les anciennes maisons, la Prise, l'atelier-école, la ravine du sud, Immaculée super market, place d'armes

Objectif principal
Placer Camp-Perrin sur la carte touristique de la caraïbe

Objectifs particuliers
1) Générer des recettes pour le développement de Camp-Perrin
2) Créer de l'emploi
3) Freiner l'exode rural

Besoins en matériels
(Ordinateurs, ventilateurs, climatiseurs, génératrices, inverters complets, panneaux solaires, téléviseurs, peintures, véhicules, lampes à kérosène,

Besoins en ressources humaines
(Cuisiniers, guides, serveurs, chauffeurs, maçons, ferronniers, personnel hôtelier, agents de sécurité, restaurateurs, administrateurs, gestionnaires, informaticiens, webmasters, plombiers, électriciens, jardiniers, fleuristes, formateurs,

Annexe/Budget

Mise en œuvre du projet
(Mairie de Camp-Perrin en collaboration avec des organisations de la société civile)

Durée du projet: (18 mois)

Financement du projet
(ISPAN, Ministère du tourisme, ministère de la culture, MTPTC, Primature, Présidence, CCIPS, FOKAL, BNC, Unibank, VOILA, DIGICEL, HAITEL, TORTUG'AIR, CARIBAINTER, Ministère de l'intérieur et des collectivités territoriales, la délégation du sud, le bureau du sénat, le bureau de la chambre des députés, l'Ambassade de Taiwan, Coopération française, Union européenne, Rotary Club, DGI,

Supervision du projet: (Association hôtelière et touristique de Camp-Perrin)

 

Découvrez C a m p - P e r r i n

Camp-Perrin, 18 degré 19 de latitude Nord et 73 degrés 52 de longitude Ouest, est une petite ville du Sud de la République d'Haïti. D'environ 151 kilomètres carrés, et peuplé de plus de 40000 habitants, elle constitue une commune de l'arrondissement des Cayes du Département du Sud.

Constituée de plaine à certain endroit et de montagnes à d'autres, Camp-Perrin compte un étang, trois sources, et six rivières dont la principale est La Ravine du Sud. Elle connaît des problèmes de déforestation moins criants que dans le reste du pays.
Officiellement, la ville compte trois sections communales : Tibi-Davezac, Champlois et Levy-Mersan. Mais dans la pratique, les habitants la divisent en plus d'une dizaine de quartiers : Haut-Camp, Bas-Camp, Tibi, Davezac, Champlois, Mersan, etc.
Parmi les ressources naturelles de la ville, nous citons en particulier le lignite (inexploité) et les jolies pierres de construction du bord de la Ravine du Sud. Le secteur primaire est très actif. Les productions qui se distinguent sont : le cacao, la canne-à-sucre, les bananes et le bétail. Les industries sont quasi-inexistantes. Seules les ateliers écoles exercent une activité sérieuse dans ce domaine. Cet état de fait contraste avec le secteur des services qui connaît une relative ''prospérité'' : un hôtel, un centre d'accueil, deux restaurants, deux centres de ventes de matériaux de construction, trois caisses populaires, quatre centres de ventes de produits alimentaires, cinq coopératives de commercialisation.

La majorité des routes sont en terre battue. Mais de réels efforts sont faits pour remédier à la situation. Camp-Perrin dispose d'un petit aéroport civil dans la localité de Laborde. Une partie de la ville bénéficie des bienfaits de l'électricité grâce à un moteur électrique et un moteur diesel. Les télécommunications d'Haïti (compagnie nationale de téléphonie) couvrent une maigre partie des besoins de la ville. À l'opposé, la téléphonie mobile (géré presque exclusivement par des entreprises privées) connaît un véritable boom et devient littéralement un phénomène de société. L'accès à l'eau potable sur les propriétés est passable dans certaines localités, médiocres dans d'autres, et est complété tant bien que mal par un réseau de fontaines publiques.
Les établissements scolaires pullulent comme des champignons. Officiellement sont recensés : ''quinze jardin d'enfants, quatre-vingt-deux écoles primaires (niveau préscolaire compris), sept écoles secondaires, trois écoles techniques et professionnelles et trois centres d'alphabétisation […]. Cependant, il n'y a ni université, ni autres écoles supérieurs. [...] Un centre de santé, trois dispensaires et une clinique forment les établissements sanitaires de la commune.''
En terme de religion, chrétiens (catholiques, réformés, évangéliques, adventistes, témoins de Jéhovah) et adeptes du Vaudou cohabitent pacifiquement. Mais la frontière entre ces deux mouvements religieux est très floue. On introduit le concept de Syncrétisme Vaudou - Christianisme pour souligner qu'une bonne marge de la population pratique simultanément les deux religions (chrétienne et vaudou).

Cap sur Camp-Perrin la belle
Le courant de Saut-Mathurine à volonté
CAMP PERRIN, 15 Août 2008 - De l'électricité vingt quatre heures par jour, c'est Camp Perrin, petite ville très accorte à une heure en voiture (un quart d'heure quand la route sera construite) des Cayes, le chef lieu du Département du Sud.
La ville est alimentée par la centrale hydro-électrique de Saut-Mathurine, dans les montagnes boisées dominant la région. Saut-Mathurine est l'un des plus beaux spectacles naturels du pays. Il est heureux que la construction de la centrale l'ait respecté. Le paysage reste idyllique. Et l'on continue d'y accourir de partout, y compris nos compatriotes vivant à l'étranger. La centrale est en plein fonctionnement. C'est la 15 Août, l'Assomption, fête patronale de la ville des Cayes. Malgré la menace que fait peser une tempête tropicale, l'on arrive en foule pour le traditionnel festival de plage à Gelée.

C'est la centrale de Saut-Mathurine qui pour une bonne part alimente aussi les Cayes en ce jour faste. Les prix élevés du fuel ont failli récemment forcer les Cayens à fermer boutique. Aussi plus que jamais la seule solution pour un pays comme Haïti, c'est l'hydro-électrique. C'est davantage de Saut-Mathurine !

Simple comme bonjour...
Qu'est-ce que l'hydro-électrique ? C'est de l'électricité produite avec de l'eau. On l'appelle aussi la houille blanche. Comme on dénomme aujourd'hui " carburant vert " l'énergie de source végétale ou bio-diesel. À voir marcher la centrale de Saut-Mathurine, c'est ce qui existe de plus économique et propre comme source d'énergie. Un barrage est construit un peu plus haut que la chute. Le barrage détourne une partie de l'eau qui est dirigée via des conduits souterrains vers la centrale en contrebas. La centrale se compose d'une part de la salle des machines ou turbines, et d'autre part de la section électronique pour le dispatching ou distribution du courant vers différentes destinations.

Tout cela a l'air simple comme bonjour. L'eau actionne les moteurs des turbines produisant l'électricité puis la même eau est rejetée par d'énormes gargouilles dans la rivière juste à côté continuant sa course vers la plaine. Rien ne se perd. Si c'est le cas, si l'eau va grossir les torrents (ou La Ravine) au lieu d'arroser les terres, ce n'est pas la faute à la centrale. C'est tout gagné. Le paysage reste aussi magnifique qu'autrefois. Le produit est propre, aussi bien que l'installation. Pas de trace de graisse, ni de mazout.

Un ingénieux mécanicien.
Alors pourquoi la centrale de Saut-Mathurine avait-elle cessé de fonctionner pendant longtemps ? Toujours notre incurie proverbiale. Bâtie en 1983, sous le gouvernement de Jean-Claude Duvalier, ses premières turbines sont venues de France. Mais celles qui ont suivi plus tard portent une marque américaine. Entre les deux, il a pu y avoir certaines interférences moins soucieuses de l'intérêt général que de gros intérêts particuliers.

On nous explique que le maintien d'un tel établissement nécessite moins de super-cadres qu'un ingénieux mécanicien et tout ce qu'il doit avoir sous la main pour la fabrication sur place de toutes sortes de pièces de rechange des plus ordinaires. Mais la négligence haïtienne n'a pas de limites. Toujours est-il que la centrale a été remise en état par des experts canadiens et qu'elle paraît à nouveau flambant neuve. Capacité : 1,6 MW. De plus elle est passée à l'ère automatique. Auparavant les manoeuvres étaient manuelles.
L'eau coule de source, oui mais...

Par contre ce qui est indispensable pour assurer la viabilité d'une centrale hydro, c'est le renouvellement de sa ressource principale : l'eau. L'eau coule de source, pense-t-on devant le merveilleux spectacle du Saut-Mathurine. Mais c'est une illusion. L'eau est alimentée par les milliers d'arbres qui protègent les sources là-haut dans la montagne et dont la disparition provoque l'érosion, véritable catastrophe multiple. D'un côté, l'érosion envoie le sol et les fatras végétaux et minéraux remplir le barrage (sédimentation) faisant baisser le niveau de l'eau convoyée dans les moteurs de la centrale... qui finiront par s'arrêter. D'un autre côté, le déboisement et l'érosion provoquent l'assèchement des sources. Outre quantité d'autres conséquences que nous connaissons bien puisque c'est le mal principal de notre pays.

Des précautions semblent avoir été prises pour protéger Saut-Mathurine du même désastre. D'abord l'obligation reconnue de conserver sa valeur touristique et de patrimoine naturel national. Le site a été érigé au rang de parc national, délimité et placé sous une surveillance constante. Ensuite la première impression que les ressources forestières sont restées intactes comme au premier jour. Actuellement la chute (ou Saut) ne débite que la moitié de son volume, mais il suffit de fermer le barrage pour qu'elle retrouve toute sa force.
Alerte, une petite fumée...

Mais attention, pour peu qu'on ait l'oeil exercé, on aperçoit là-haut, tout là-haut, jusqu'en haut, une petite fumée. Devinez ce que c'est : des fabricants de charbon de bois. On coupe donc des arbres. Et exactement là d'où s'échappent les eaux du Saut-Mathurine, ou bassin versant. Et cela ne tarde pas à se matérialiser. En rentrant à Camp Perrin, nous doublons un camion de livraison d'eau mais avec un étrange chargement installé directement au-dessus de la citerne. Devinez : des sacs de charbon de bois. Plus loin nous voyons aussi un grand lot de planches au bord de la route.
Malgré toutes les précautions prises, on pille Saut-Mathurine non seulement de son eau, mais aussi de ses arbres pour en faire du charbon et des planches. La surveillance n'est donc pas suffisante.

Camp Perrin la belle...
Cependant sur la route du retour à Camp Perrin la belle, on est frappé de ne pas rencontrer un seul mendiant. Les maisons paysannes n'ont rien des masures qui sont courantes lorsqu'on parcourt d'autres régions du pays. Beaucoup sont situées au fond de vastes jardins. Une région apparemment riche en productions vivrières. Bientôt le coup d'envoi de la construction de la route Cayes - Jérémie par Camp Perrin et Pestel, reliant le Sud à la Grande Anse. Les travaux devront se terminer en 2009. Cette route est vitale car elle donnera accès à l'un des greniers du pays.

D'autre part, le tourisme régional sera aussi gagnant. Il suffit de voir toutes les possibilités et les originalités existant dans la ville de Camp Perrin qui est en train de retrouver ses fastes d'antan de coin de villégiature préféré des Haïtiens. Rues adoquinées (pavées). Maisons style gingerbread au fond de grandes cours très cossues et croulant de verdure - dont plusieurs sont transformées en pavillons pour touristes (Family House, L'Escale, Cap Inn, Auberge Distribution, et sur la route menant à Camp Perrin , Le Recul). Pas besoin d'aller bien loin pour la clientèle, ce sont les natifs de Camp Perrin eux-mêmes et leurs amis de tous les coins de la diaspora.

La table est toujours bien mise...
Comme distractions, la visite à Saut-Mathurine, le bain à La Distribution ou à La Prise. Le Canal d'Avezac qui remonte à l'époque coloniale. La promenade dans les jardins profonds du centre catholique de Mazenod est aussi un must, pourvu qu'on soit invité. Camp Perrin peut se flatter aussi d'être la commune du département (Sud) détenant le plus fort taux de scolarisation (100 écoles primaires et 15 préscolaires). Et une conscience civique poussée. Ce sont les habitants (et habitantes) eux-mêmes qui assurent une telle propreté des rues. La table est toujours bien mise. Et grâce à notre hôtesse, Mme Rose Ila (Man Toule) Remarais, nous avons vécu le passage de la tempête tropicale (" Fay ") comme un doux moment.
Et puis, du courant 24 heures sur 24.
Marcus, 15 Août 2008

Histoire du Canal d'Avezac de Castéra
de Camp-Perrin
Pierre Valentin d'Avezac, né à Tarbes en Bigorre, fut envoyé à Paris, où il étudia à la Sorbonne. Il n'obéissait qu'à contre coeur aux volontés de son père, qui l'avait destiné à l'Eglise. Riche de quelques présents de sa famille et de la matricule d'avocat de son frère aîné, il pris alors la route de Bordeaux. Très vite l'envie de quitter la France se fît ressentir, et M. d'Avezac se détermina à aller dans les îles en 1748, arrivé à Saint-Domingue sur un vaisseau qui passa par la Martinique et qui le transporta ensuite dans la partie sud, où il débarqua avec un seul louis d'or. Il y rejoignît un oncle qui le nomma en 1749 procureur de la Sénéchaussée de Saint-Louis.

M. d'Avezac se maria avec Marie-Thérèse Geneviève Durand de Linois, au mois d'octobre 1752 et pris alors son vrai nom de baptême Pierre Valentin. Il donna en 1753 sa démission de procureur, et obtint en 1755 la commission d'aide-major des milices de Saint-Louis. C'est à partir de cette date qu'il acquis une indigoterie à Aquin, il fit avec succès des travaux pour y conduire de l'eau. Toujours à la même époque, les habitants de la plaine des Cayes voulurent employer les eaux de La Ravine du Sud, qui prend sa source dans le morne de Macaya, du côté de Plymouth, dans le but de fertiliser la plaine de Jacob. Plusieurs personnes assuraient que ce projet était inexécutable, les volontés se contrariaient.... Enfin rien ne s'effectuait, lorsque M. d'Avezac conçut l'idée d'entreprendre cette distribution d'eau.

Son assurance et son éloquence naturelle le firent écouter. Les habitants intéressés s'assemblèrent et pensèrent pouvoir lui demander un plan et un devis M. d'Avezac répondit qu'il ne savait pas en faire mais qu'il accomplirait quand même l'ouvrage et fit adopter ses propositions. Ce fut le 20 juillet 1759 que les habitants nommèrent trois syndics pour diriger les travaux, avec pouvoir de conclure un marché avec un entrepreneur qu'ils jugeraient convenable.

Le 16 décembre 1759, acte sous-seing privé entre ces syndics et M. d'Avezac qui se chargea de tout moyennant 700.000 £ , dont 60.000 payables au 1er mars 1760 ; 240.000 en quatre années de mars 1760 à mars 1764 ; 100.000, le jour de la réception et 300.000 en trois ans, à partir de cette dernière époque. M. d'Avezac s'obligea à livrer son ouvrage dans les 5 ans, et à le garantir encore deux ans après. Les administrateurs du projet homologuèrent cette convention.

M. d'Avezac commença aussitôt les travaux, il acheta tout d'abord un terrain près de la prise d'eau, et qui forme aujourd'hui une caféterie appartenant à ses enfants. Dès que l'on conçut qu'il puisse aboutir, l'envie et l'intérêt s'éveillèrent. Le premier quartier du paiement du projet ne fut pas respecté, de plus les non-riverains qui n'avaient pas souscrit dans l'origine, voulurent être colloqués dans la distribution, mais le 1er février 1762 les administrateurs rejetèrent leurs demandes.

Après ses troubles, et de nombreuses rencontres entre les intéressés et M. d'Avezac, un nouvel accord fut signé, changeant le projet initial, cependant les syndics réticents à ce changement l'accusèrent de " violer le marché initial ". Alors les syndics s'adressèrent aux administrateurs et soutinrent que les modifications de 1762 n'avaient pas été sérieuses et bien conçues.
Comme toutes ces contestations avaient arrêté les paiements, M. Dargout alors commandant la partie Sud sentant combien cet affligeant procès nuisait à la population et donc à l'intérêt général parvint à déterminer tous les intéressés à s'assembler devant lui pour ce concilier avec M. d'Avezac . Après conciliation, il se remis à la tâche de plus belle et exécuta l'ouvrage. M. Dufrettey, major pour le roi aux Cayes, après avoir examiné les travaux déclara en être très satisfait. "Autant et au-delà de ce qu'il pouvait espérer de l'exécution d'un marché fait sans plan, sans devis et sans profil : ouvrage cependant qui fera honneur à perpétuité au Sieur d'Avezac, d'autant mieux qu'il n'était pas du métier lorsqu'il a fait cette entreprise, en laquelle il a si bien réussi, à la plus grande satisfaction de la population."

Enfin il renouvela sa promesse de garantir pendant deux ans ses travaux faits pour arroser alors 2840 carreaux, dépendant de 18 habitations. Au bassin de distribution placé sur l'habitation Lévy, l'eau est divisée en deux. Le canal le plus oriental distribue l'eau à trois sucreries et à une indigoterie non riveraine, y arrose 1460 carreaux et y fait mouvoir dix moulins. Le canal occidental fournit de l'eau à huit sucreries, à une cotonnerie indigoterie riveraine, à une non riveraine, à neuf moulins et arrose 1380 carreaux.

Le canal fut achevé en mai 1765. Tel est l'ouvrage qui rendra le nom de d'Avezac parmi ceux des citoyens utiles et précieux. Sans lui l'eau coulerait sans doute inutilement dans le lit de la ravine sud et la population serait privée de tous ces avantages.
Cet homme étonnant est décédé le 14 septembre 1781, après avoir joui comme il le méritait de la gloire. Cependant, on assure que ses enfants n'ont pas encore reçu la totalité de ce que leur était dû.
Extrait du livre de Moreau Saint-Mery